Laurent Gabard

Côté restauration : Laurent Gabard, Business Table

Laurent Gabard, Directeur Général, Business Table

Pouvez-vous nous présenter Business Table, sa genèse et sa position actuelle ?

Business Table est un facilitateur de gestion des repas d’affaires et d’événements pour l’entreprise. Nous nous positionnons aujourd’hui auprès des grands comptes qui gèrent un grand nombre d’événements, que ce soit au restaurant, dans des hôtels ou lieux atypiques ou encore avec des traiteurs. Notre cœur de métier de base est porté sur le repas d’affaires au restaurant. Nos clients nous ont ensuite demandé d’intégrer des traiteurs dans notre plateforme pour couvrir leurs besoins de livraison de repas dans l’entreprise puis lors de leurs événements. Au fil du temps, ils nous ont également demandé de gérer les événements dits simples, là où il n’y a pas de besoins spécifiques. 

Business Table n’est donc pas uniquement une plateforme technologique, c’est aussi une offre de service pour gérer l’événementiel, le MICE ?

La solution que nous proposons, c’est que quel que soit le type de demande, celle-ci puisse être saisie sur une plateforme pour que le client ait le choix du suivi qu’il souhaite. Nous nous apercevons que plus nous donnons aux entreprises la main sur leurs événements, plus le service est apprécié. Nous constatons que la grande valeur ajoutée de ces plateformes est l’économie sur la gestion administrative, ce qui est très loin d’être négligeable.

Pourriez-vous aujourd’hui nous donner un chiffre sur ce que représentent les frais de bouche et le MICE au sein des entreprises ? 

C’est compliqué pour une entreprise de consolider ces chiffres. C’est un domaine qui n’est pas encore bien exploité. Nous commençons à avoir des guidelines que nous donnons aux entreprises pour récupérer ces données et encore aujourd’hui, les entreprises ont besoin d’être accompagnées pour voir ce que globalement cette activité représente. C’est difficile de parler en volume de dépenses. On estime que sur la partie restauration, on est sur 1 à 2 % du chiffre d’affaires de l’entreprise mais d’une entreprise à l’autre, cela peut varier énormément. Ce que l’on constate par contre, c’est que 68 % des événements faits en entreprise sont des événements de moins de 30 personnes. Les très gros événements représentent un chiffre d’affaires importants mais sont moins nombreux. L’économie va se faire sur les small meetings

Pourquoi ce poste de dépenses si important n’est-il pas mature aujourd’hui ? Est-ce par manque de considération de l’entreprise ou par manque d’offres du côté des fournisseurs ?

Les entreprises se sont d’abord attaquées à leurs grands volumes de dépenses. Je veux dire par là les dépenses aériennes, ferroviaires, hôtelières. Lorsque nous sommes arrivés en 2012 avec notre solution de gestion de repas d’affaires, nous étions vraiment les pionniers. En consolidant les chiffres de nos clients, nous avons pu mettre en place un simulateur afin de montrer le montant énorme que représente cette dépense et l’importance de la consolider.

La restauration n’est pas systématiquement rattachée à un interlocuteur en charge du travel management ou du MICE, comment gérez-vous cela ?

L’une de nos difficultés au début était effectivement de trouver le bon interlocuteur en charge de ces achats spécifiques. On se rend compte aujourd’hui que de plus en plus, les directions achats et les directions financières, prennent le sujet en main et s’impliquent dans ces problématiques. Nous travaillons beaucoup avec des travel managers qui ont l’habitude de gérer des outils de voyage, des SBT, des plateformes, etc. Souvent, les demandes MICE sont dans le scope de la communication et ces services sont assez indépendants. Tous ces petits événements mobilisent en interne beaucoup d’efforts et de temps mais ne sont pas centralisés donc on ne connaît pas cette dépense alors qu’elle est importante. Les usagers sont prêts, il faut leur donner les outils pour que cela fonctionne. 

Vous parliez précédemment de la livraison de repas, on voit apparaître de nouveaux acteurs sur le marché, très présents sur la partie BtoC comme UberEats ou Deliveroo. Quel est votre point de vue sur leur capacité de répondre aux attentes des entreprises en BtoB ? Les considérez-vous comme des concurrents ?

Nous sommes une solution de gestion des événements et repas d’affaires. Nous apportons un outil qui intègre tous les besoins liés à cela : la comptabilité, l’administratif, l’analyse de la politique de consommation, etc. Sur cette plateforme, nous allons plugger des acteurs qui vont répondre aux besoins de nos clients. Les nouveaux acteurs dont vous parlez peuvent donc parfaitement s’intégrer à notre offre puisqu’ils n’apportent pas les mêmes services. L’enjeu pour nous est d’offrir une gamme de services complète et de permettre à l’entreprise de centraliser cette dépense-là. Un des grands sujets pour nous est de faire en sorte que l’ergonomie de notre plateforme corresponde à ce qu’attend un utilisateur et soit aussi conforme à ce que l’utilisateur connaît en BtoC. Nous travaillons cela en R&D et beaucoup de services sont accessibles depuis l’application mobile. Notre enjeu est vraiment de simplifier la vie des collaborateurs.

Pour répondre à l’ensemble des besoins de tous les interlocuteurs, comment travaillez-vous avec les prestataires sur leur intégration à votre plateforme, notamment sur la partie paiement ?

Nous avons un enjeu de connectivité afin de simplifier les choses et permettre ainsi de faire des économies. Nous pouvons nous connecter avec les cartes logées, les outils ERP de l’entreprise, mettre à jour en temps réel les fichiers RH. Nous développons beaucoup de connectivités en fonction des besoins exprimés par nos entreprises clientes et ensuite, nous les développons avec les partenaires. Les restaurateurs sont parfaitement au fait des outils technologiques disponibles aujourd’hui. Il faut aussi leur faire gagner du temps. 

Voyez-vous une évolution sur les nouveaux usages du restaurant, comme on le voit par exemple avec les hôtels ? Finalement, un restaurant est bien plus qu’un lieu où l’on mange, non ? 

Nous échangeons avec les restaurateurs à ce sujet. On voit en effet des offres évoluer, notamment sur l’afterwork, les animations, les lieux atypiques, etc. Je pense que cela correspond aussi aux attentes des millenials.