Out of the box

Parce qu’il est devenu difficile de se différencier, parce que nous savons que le marché se partage entre quelques acteurs majeurs aux marques multiples et qu’en même temps il y a un refus des monopoles et du « faire comme tout le monde », parce que certains nous forcent tout de même à sortir de notre zone de confort, nous surprennent tous les jours – disruption, nouveaux entrants, nouvelles perceptions des voyageurs – pensons « out of the box » le temps de ce dossier.

Un jour t’achètes, un jour tu aimes, un jour tu jettes mais un jour tu payes; un  jour  tu verras, on s’aimera »1, à la manière de Stromae qui rejette la société de consommation et la société numérique, le monde du voyage n’est pas à l’écart de cette critique.

Le client semble refuser le tourisme dit « de masse », ce qu’il voit tous les jours et ce qu’il voit chez les autres. Il veut une expérience différente pour vivre un moment unique ou qui semble unique. Il désire ce qu’il a vu sur le mur d’un ami Facebook mais, en même temps, ne veut pas faire/être comme les autres.

Pour lui, mais aussi pour les collaborateurs, optimi- ser son activité face aux changements du marché, enlever ses œillères et casser les schémas tradition- nels semblent indispensables et voulus, et ce par beaucoup d’entreprises. La différence est au cœur de ce sujet – du fonctionnement et des change- ments de fonctionnement –, elle souligne un besoin de ne pas vouloir entrer dans un moule pour peu, bien sûr, que chacun en soit capable.

Dans le marché du travel, cette « disruption » est flagrante chez des acteurs qui viennent bousculer le marché dans le voyage de loisirs mais également le voyage d’affaires avec, par exemple, l’arrivée du monde des start-up. Le secteur s’agrandit tous les jours, les façons de fonctionner également. La notion

« Out of the box » est donc omniprésente actuelle- ment dans de multiples sujets. Être curieux, se poser des questions, remettre en question sans cesse l’existant, lier des idées qui paraissent totalement différentes et faire des connexions qui semblent impossibles : « out of the box » rime avec inattendu, l’ADN même du voyage.

Dans le voyage de loisirs, le tourisme dit « d’aven- ture » recentre le voyage sur cette notion de surprise. Il semble s’ouvrir à de « nouveaux acteurs », qu’ils soient online mais également des tour-opérateurs dits « traditionnels ». Au delà du voyage de loisirs, des acteurs « traditionnels » intègrent également un autre système de pensée et revoient leur modèle, de nouveaux entrants bousculent un système établi.

À première vue, on peut avoir l’impression qu’il faut absolument avoir l’idée géniale qui révolutionne tout et qui n’existe nulle part. Or, déjà de regarder autour de soi, constater qu’on a un environnement proche qui permet de faire autrement et repenser la façon de fonctionner peuvent suffire. Faire différemment avec l’existant, renouveler la relation humaine, renouer des liens avec des acteurs locaux, des façons de faire très simples qui ne sont pas sans rappeler des habitudes ancestrales et des tendances de la société de consommation hors travel : circuits courts, do-it-yourself, refus de la consommation de masse…

Pour les entreprises et les collaborateurs, cela oblige à sortir de sa zone de confort, à travailler avec de nouveaux partenaires, différemment, à proposer une nouvelle expérience au client qui peut mêler du « tra

ditionnel et du moderne ». L’expérience est revue pour le client évidemment mais également pour le collaborateur, le partenaire…

Pour illustrer tout cela, nous avons souhaité explorer plusieurs facettes de notre industrie afin d’essayer de montrer que penser « out of the box » pouvait notamment signifier :

  • #À la recherche de l’inattendu : Revenir à des fondamentaux et repenser la notion d’imprévu qui se renouvelle Nous avons choisi de confronter différents acteurs de cet écosystème :
  • l’univers de ceux qu’on appelle peut être à tort les tour-opérateurs d’aventure avec Vincent Cazalaa, directeur commercial de La Balaguère et Jérémie Sultan, directeur de la production chez Huwans- Atalante ;
  • le monde du réceptif avec Fabrice Pawlak, associé Terra Group et co-créateur de la plateforme Togezer, Anne Montion, associée au sein de l’agence récep- tive Archipel Contact, Emmanuel Rozenblum, sales training manager chez Evaneos ;
  • un nouvel acteur pure player avec Fabrice Coradin, gérant de la plateforme communautaire Barouding.
  • #Adaptation permanente : Apprendre ou ré- apprendre sans arrêt à composer avec son (nouvel) environnement pour intégrer une vision moder- niste en :
  • s’interrogeant sur des activités complémentaires et des pratiques nouvelles au secteur qui secouent

les acteurs en présence (restauration, conciergerie, collaboratif…). Laurent Gabard, directeur général de Business Table, Slobodan Petrovic, directeur du développement chez MagicStay et Julien Cham- bert, directeur général de CBT Conseil, souligne- ront la façon dont ces acteurs font bouger les lignes dans le voyage d’affaires ; comprenant que le changement de modèle s’opère s’il y a une vraie volonté interne de penser « out of the box », une maîtrise de sa technologie et une nouvelle expérience. AccorHotels rachète depuis plusieurs années des éditeurs de solutions, des acteurs de la vente flash, de la conciergerie et bien d’autres. Comment mettre en œuvre ce change- ment d’identité ? C’est ce que nous expliqueront Mikael Dap, responsable business development partenariat & media, et Aurélie Habert, disrup- tion activist chez AccorHotels, tandis que Frank Demortière, directeur du développement du groupe MisterFly-HResa-Koedia apportera sa vision d’un acteur montant dans le monde de la distribution online dont la vision out of the box est le moteur.

  • #Local is back : Essayer de regarder autour de soi et de se rendre compte des enjeux d’un meilleur travail avec son environnement local et revenir à des choses simples comme l’illustreront Pauline Emma, responsable des achats chez Groupe Vacances Bleues, mais aussi des étudiants de l’ESCAET ayant vécu l’expérience Kappa Club et Club Coralia, et Franck Laval, directeur de Solar Hôtel.